13 février 1790 : comment la Révolution a aboli les vœux monastiques et brisé l’Église de France ?

Le 13 février 1790 : un décret qui bouleverse la Révolution en France au cœur du XVIIIe

Le 13 février 1790, l’Assemblée nationale constituante vote un décret dont la portée dépasse le simple cadre administratif. Les vœux monastiques solennels sont abolis. Les congrégations régulières sont supprimées, à l’exception de quelques ordres hospitaliers ou enseignants.

En un vote, mille ans d’histoire monastique en France chrétienne sont ébranlés.

Ce décret s’inscrit dans le tumulte de la Révolution française. Depuis 1789, l’ordre ancien vacille. Les privilèges sont abolis, les structures traditionnelles sont contestées. Mais en frappant les ordres religieux, la Constituante ne touche pas seulement une institution : elle atteint le cœur spirituel de la nation.

Car la France, depuis Clovis, est indissociable de son héritage chrétien. Les abbayes ont façonné ses paysages, son agriculture, son enseignement, sa mémoire. Supprimer les vœux monastiques, c’est rompre un lien millénaire entre la terre et le Ciel.

Contexte historique : pourquoi abolir les vœux monastiques ?

La crise financière et la nationalisation des biens du clergé

À l’automne 1789, l’État est en faillite. Le 2 novembre, les biens du clergé sont déclarés « biens nationaux ». L’Église de France, riche de terres et de bâtiments, devient une ressource pour renflouer les caisses publiques.

Les abbayes sont inventoriées. Leurs terres, leurs forêts, leurs bibliothèques sont évaluées en vue d’une vente.

Dans ce contexte, les ordres contemplatifs apparaissent aux yeux de certains députés comme improductifs. Ils ne « servent » pas la société selon les critères utilitaristes de l’époque.

Une vision nouvelle de la liberté

Les révolutionnaires invoquent la liberté individuelle. Selon eux, nul ne doit être lié par un engagement perpétuel pris dans la jeunesse. Les vœux solennels — pauvreté, chasteté, obéissance — sont perçus comme contraires aux droits naturels.

Pourtant, cette conception ignore la dimension spirituelle du choix monastique : un acte libre, mûri, enraciné dans la foi.

Le décret du 13 février 1790 affirme :

  1. Que les vœux monastiques solennels sont abolis.

  2. Que les religieux peuvent quitter leurs maisons.

  3. Qu’aucune nouvelle profession religieuse ne sera autorisée.

En apparence, il s’agit d’une libération. En réalité, c’est une dissolution forcée.

Moines et moniales face au décret : drame humain et fidélité silencieuse

Une rupture brutale

Des milliers de religieux et religieuses se retrouvent contraints de quitter leurs monastères.

Beaucoup sont âgés. Certains n’ont connu que la vie claustrale. Ils doivent désormais se fondre dans une société qui leur est étrangère.

Dans certaines régions, les populations pleurent le départ des moines. Car ces hommes et ces femmes ne sont pas des figures abstraites : ils enseignent, soignent, prient pour les vivants et les morts.

Un chroniqueur normand note en 1790 :

« Les cloches se turent, et l’on eût dit que le ciel lui-même se retirait de nos campagnes. »

Anecdote méconnue : les manuscrits sauvés dans la nuit

Dans une abbaye bénédictine du centre de la France, des moines, prévenus de la venue des commissaires chargés de l’inventaire, cachèrent une partie de leurs manuscrits médiévaux dans des caisses enterrées sous le jardin du cloître.

Des décennies plus tard, au XIXe siècle, certains de ces manuscrits furent retrouvés intacts. Ils contenaient des cartulaires locaux, précieux pour l’histoire régionale.

Ce geste discret montre que la résistance ne fut pas seulement armée — comme en Vendée — mais aussi culturelle et spirituelle.

Découvrez l’histoire en vidéo

Les abbayes : sanctuaires de foi, de savoir et de civilisation

Avant 1790, les abbayes françaises remplissent plusieurs fonctions essentielles :

  • Centres de prière et d’intercession pour la nation.

  • Lieux d’enseignement et de copie des manuscrits.

  • Pôles agricoles et techniques innovants.

  • Refuges pour les pauvres et les voyageurs.

L’histoire de la suppression des ordres religieux en France chrétienne est donc aussi celle d’une perte patrimoniale immense.

Certaines abbayes sont transformées en carrières de pierre. D’autres deviennent casernes, prisons, entrepôts. Les cloîtres sont vendus à la découpe.

Cette rupture marque durablement le paysage français.

Timeline : les étapes clés de la rupture (1789-1791)

Voici une chronologie synthétique pour comprendre l’abolition des vœux monastiques :

  1. 5 mai 1789 : Ouverture des États généraux à Versailles.

  2. 4 août 1789 : Abolition des privilèges.

  3. 2 novembre 1789 : Nationalisation des biens du clergé.

  4. 13 février 1790 : Décret abolissant les vœux monastiques.

  5. 12 juillet 1790 : Adoption de la Constitution civile du clergé.

  6. 1791 : Serment constitutionnel imposé aux prêtres.

  7. 1792-1793 : Radicalisation, fermeture généralisée des maisons religieuses.

  8. 1793-1794 : Terreur et persécutions antireligieuses accrues.

Cette séquence illustre une montée progressive de la confrontation entre l’État révolutionnaire et l’Église.

Une Église martyrisée : entre résistance et fidélité

Si certains religieux quittent l’habit, d’autres demeurent fidèles à leur vocation.

Des communautés se reconstituent clandestinement. Des prêtres réfractaires célèbrent la messe dans des granges, des forêts, des maisons privées.

C’est dans ces années que se forge une mémoire du martyre. En Vendée, l’attachement à la foi catholique devient un facteur de résistance populaire.

L’historien Jules Michelet, pourtant critique envers l’Église, reconnaît la profondeur du choc :

« La Révolution a voulu refaire l’homme ; elle a rencontré l’âme. »

Cette phrase résume le paradoxe : la foi ne disparaît pas par décret.

Analyse : impacts spirituels et nationaux sur la France chrétienne

Une fracture profonde

L’abolition des vœux monastiques crée une fracture durable :

  • Rupture entre l’État et une partie du peuple croyant.

  • Méfiance envers les institutions civiles.

  • Sentiment d’arrachement aux racines chrétiennes.

Mais paradoxalement, cette épreuve renforce aussi l’identité spirituelle.

La foi purifiée par l’épreuve

Privée de ses structures visibles, l’Église en France traverse une purification. La foi devient plus intérieure, plus consciente.

Dans l’histoire de l’Église, les périodes de persécution ont souvent été des moments de renouveau. La suppression des ordres au XVIIIe siècle prépare, au XIXe, un étonnant réveil religieux : renaissance des congrégations, missions, œuvres éducatives.

La grandeur nationale ne se mesure pas seulement à la puissance politique, mais à la fidélité à son âme.

Galerie d’images (créations IA)

Série d’images générées par IA représentant l’expulsion des moines, les cloîtres désertés et la vente des biens nationaux, pour illustrer le short vidéo et renforcer l’immersion historique.

Faits méconnus sur l’abolition des vœux monastiques

Pour approfondir l’histoire de la suppression des ordres religieux en France chrétienne, voici quelques éléments moins connus :

  • Certains députés révolutionnaires avaient été formés dans des collèges tenus par des religieux.

  • Des municipalités rurales demandèrent le maintien de « leurs » moines.

  • Plusieurs religieuses âgées moururent quelques mois après leur expulsion, incapables de supporter la rupture.

  • Des objets liturgiques furent sauvés par des familles qui les conservèrent secrètement pendant des décennies.

Ces faits montrent que la réalité fut plus complexe qu’un simple affrontement idéologique.

Héritage et mémoire : que reste-t-il de 1790 aujourd’hui ?

Marcher dans les ruines d’une abbaye française, c’est contempler une blessure et une promesse.

Une blessure, car ces pierres racontent une rupture.
Une promesse, car la foi qui les a élevées demeure vivante.

La France contemporaine, diverse et moderne, reste marquée par cette histoire. Ses paysages, ses fêtes, son calendrier, son art témoignent d’une matrice chrétienne profonde.

Préserver notre unité spirituelle et nationale ne signifie pas revenir en arrière, mais reconnaître ce qui nous a façonnés.

Le décret du 13 février 1790 fut un moment de fracture. Pourtant, il a aussi révélé une vérité essentielle : on peut fermer des monastères, mais on ne ferme pas les cœurs.

L’histoire de l’abolition des vœux monastiques en France chrétienne nous rappelle que l’identité d’un peuple ne se décrète pas. Elle se transmet, se vit, se protège.

Et peut-être, dans le silence d’une église de campagne ou face aux ruines d’un cloître, entend-on encore l’écho des cloches que l’on croyait à jamais réduites au silence.

Rambarde Knight

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