
5 février 1369 : le serment de Cahors à Charles V, acte fondateur de la reconquête française
- Histoire
- 16 février 2026
Le serment de Cahors (1369) : un acte de foi et de fidélité au cœur de la Guerre de 100 ans
Le 5 février 1369, dans la cité de Cahors, une déclaration solennelle vient fissurer l’édifice de la domination anglaise en Aquitaine. Les consuls de la ville prêtent serment au roi de France, Charles V le Sage, affirmant avec force :
« Même sous la domination anglaise, nous n’avons jamais cessé d’avoir le cœur français. »
Dans le contexte brûlant de la Guerre de 100 ans, ce serment n’est pas une simple formalité administrative. Il s’agit d’un acte politique, spirituel et national. Une profession de fidélité à la couronne légitime, mais aussi à la France chrétienne.
Comprendre l’histoire de Cahors en France chrétienne, c’est entrer dans l’âme d’un royaume blessé mais jamais soumis.
Contexte historique : l’Aquitaine sous le joug anglais
L’héritage du traité de Brétigny
En 1360, le traité de Brétigny consacre une période d’humiliation pour la monarchie française. Le roi d’Angleterre obtient de vastes territoires en pleine souveraineté, dont l’Aquitaine élargie. De nombreuses villes du Sud-Ouest passent sous domination anglaise.
Cahors, capitale du Quercy, se retrouve dans cette zone stratégique. Ville commerçante prospère, siège d’un évêché ancien, elle représente un enjeu à la fois économique et religieux.
Mais la domination anglaise n’est pas seulement militaire. Elle implique :
Une fiscalité lourde pour financer les campagnes anglaises.
Une administration étrangère.
Une remise en cause implicite de la fidélité traditionnelle à la couronne capétienne.
Une tension constante entre élites locales et pouvoir anglo-gascon.
Pourtant, au cœur de ces années sombres du XIVe, une résistance silencieuse s’organise.
Charles V le Sage : restaurer la France
Monté sur le trône en 1364, Charles V le Sage, issu de la dynastie des Valois, adopte une stratégie radicalement différente de celle de son père Jean le Bon.
Plutôt que des batailles chevaleresques hasardeuses, il privilégie :
La reconquête progressive.
La diplomatie.
La réforme fiscale.
La fidélisation des villes.
Sa vision n’est pas seulement militaire. Il veut restaurer l’autorité sacrée de la monarchie française, protectrice de l’Église et garante de l’unité du royaume.
C’est dans ce contexte que le serment de Cahors prend toute sa dimension.
Cahors : une ville chrétienne, un cœur français
Cahors n’est pas une cité quelconque. Dès l’Antiquité chrétienne, elle est un centre religieux important. Son évêché, solidement implanté, joue un rôle structurant dans la vie locale.
Sous l’occupation anglaise, la population demeure majoritairement fidèle à la tradition capétienne. Les consuls — magistrats urbains élus — incarnent cette volonté collective.
Le 5 février 1369, dans la grande salle consulaire, le serment est prononcé. Il ne s’agit pas seulement d’un acte juridique : c’est une déclaration d’identité.
Les Cadurciens affirment :
Leur fidélité au roi légitime.
Leur engagement à soutenir militairement la couronne.
Leur refus moral de la sujétion anglaise.
Cette journée marque symboliquement le ralliement de la ville à la reconquête française.
Découvrez l’histoire en vidéo
Les faits méconnus sur le serment de Cahors
Une cérémonie sous protection armée
Des chroniques locales mentionnent que la proclamation s’effectua en présence d’hommes d’armes favorables au roi de France, stationnés discrètement aux abords de la cité. Le geste était audacieux : la riposte anglaise pouvait être immédiate.
Le rôle discret du clergé
Un détail souvent oublié : l’évêque de Cahors aurait soutenu moralement la démarche des consuls. Selon une tradition quercynoise, une messe solennelle précéda le serment, invoquant la protection divine sur la ville.
« La monarchie française fut grande lorsqu’elle sut s’appuyer sur l’âme du pays. »
Dans la France médiévale, le politique et le spirituel sont indissociables. Prêter serment au roi, c’est reconnaître l’ordre voulu par Dieu.
Chronologie : Cahors dans la reconquête française (1360–1372)
Voici une timeline synthétique pour comprendre les événements clés :
1360 – Traité de Brétigny : l’Aquitaine passe sous souveraineté anglaise.
1364 – Avènement de Charles V.
1368 – Tensions fiscales en Aquitaine ; contestations locales.
5 février 1369 – Serment des consuls de Cahors au roi de France.
Mai 1369 – Reprise officielle des hostilités entre France et Angleterre.
1370–1372 – Avancées françaises décisives en Aquitaine.
1372 – Reprise progressive des places fortes du Sud-Ouest.
Le serment de Cahors n’est donc pas isolé. Il s’inscrit dans une dynamique nationale.
Un acte fondateur dans l’histoire de la France chrétienne
L’histoire du serment de Cahors en France chrétienne révèle une vérité profonde : la nation française, au Moyen Âge, n’est pas qu’un territoire. Elle est une communauté de fidélité.
La légitimité capétienne
Depuis les premiers Capétiens, la monarchie française s’enracine dans une conception sacrée du pouvoir. Le roi est oint à Reims, lieutenant de Dieu sur terre.
Refuser le roi légitime, c’est rompre un ordre voulu par la Providence.
Les consuls de Cahors ne défendent pas seulement une bannière. Ils défendent une continuité :
Dynastique.
Spirituelle.
Culturelle.
Une résistance intérieure, non spectaculaire mais décisive
Contrairement aux grandes batailles, le serment de Cahors est un acte de résistance institutionnelle.
Il démontre que :
L’occupation ne signifie pas adhésion.
La loyauté peut survivre aux contraintes.
La reconquête commence souvent dans les consciences.
Cette fidélité intérieure prépare les succès militaires à venir.
Galerie d’images IA – Le Serment de Cahors (1369)
Illustrations générées par IA représentant les consuls de Cahors prêtant serment à Charles V en 1369. Une reconstitution immersive pour visualiser la fidélité d’une cité chrétienne à la couronne de France.



Une citation pour comprendre l’enjeu
Un chroniqueur du temps écrit à propos des villes d’Aquitaine restées fidèles :
« Les cœurs étaient français, quand bien même les murs portaient bannière étrangère. »
Plus tard, l’historien Jacques Bainville soulignera cette constante de notre histoire :
« La France s’est faite par la fidélité plus que par la force. »
Le serment de Cahors illustre parfaitement cette idée.
Impacts spirituels et nationaux : une leçon pour aujourd’hui
Le 5 février 1369 nous enseigne plusieurs vérités essentielles :
L’identité nationale dépasse les dominations temporaires.
La foi chrétienne structure la conscience politique médiévale.
L’unité française repose sur une fidélité partagée.
Dans une période de fracture, Cahors choisit l’unité.
Loin des excès, cet épisode rappelle que la nation française s’est construite autour d’un socle :
Une langue.
Une foi.
Une mémoire commune.
Une légitimité reconnue.
La grandeur française ne naît pas de la domination, mais de la persévérance.
Réflexion patrimoniale : préserver la flamme
L’histoire du serment de Cahors n’est pas une simple anecdote médiévale. Elle est une parabole.
Dans l’épreuve, la ville n’a pas cédé à l’amertume ni à la résignation. Elle a choisi la fidélité.
Aujourd’hui encore, cet héritage nous interroge :
Savons-nous préserver ce qui nous unit ?
Honorons-nous ceux qui ont gardé vivante la flamme nationale ?
Cahors nous enseigne qu’une nation demeure tant que ses enfants portent en eux le cœur français.
Préserver notre unité spirituelle et nationale, c’est honorer ces générations qui, même sous la contrainte, n’ont jamais renoncé à la France.







