1407 : Le sang du duc d’Orléans, l’étincelle qui faillit briser la France

Dans la France chrétienne du début du XVe siècle, nul n’aurait imaginé qu’un prince du sang royal puisse être frappé comme un simple brigand, dans une rue sombre, au cœur même de Paris. Et pourtant : le 23 novembre 1407, Louis d’Orléans, frère cadet du roi Charles VI, est sauvagement assassiné.
Cet événement tragique, souvent évoqué mais rarement approfondi dans toute sa portée, marque l’un des plus grands drames de notre histoire nationale, une blessure ouverte dont les conséquences allaient mettre la France à genoux.

La mort de Louis d’Orléans n’est pas un fait divers médiéval : c’est l’un des coups de poignard les plus graves portés au royaume capétien, au moment même où la monarchie se trouvait fragilisée. Ce meurtre n’a pas seulement tué un prince ; il a déchaîné une guerre civile qui affaiblira la France pendant des décennies, ouvrant le chemin aux envahisseurs anglais.

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Un royaume menacé : le contexte politique et spirituel

Pour comprendre l’importance de l’assassinat, il faut se replacer dans la France du début du XVe siècle : une France blessée, mais encore debout, unie par la foi chrétienne et par la fidélité séculaire à la monarchie.

Charles VI, un roi légitime mais diminué

Le roi Charles VI, bien que de sang légitime et héritier de la lignée chrétienne des rois de France, souffre de terribles accès de folie. Par moments, il ne reconnaît plus ses proches. D’autres fois, il erre en affirmant que son corps est de verre.
Le pouvoir royal, loin d’être aboli, reste sacré ; mais dans les faits, il est paralysé.

Ce vide attire les ambitions.

Louis d’Orléans, le frère honni et adoré

Face à l’absence du roi, un homme apparaît naturellement comme régent de fait : son frère, Louis d’Orléans.
Intelligent, énergique, parfois flamboyant, Louis cristallise les passions. On l’accuse d’ambition ; on lui reproche ses dépenses. Mais il est aussi un prince cultivé, un administrateur compétent, un soutien essentiel à la reine Isabeau.

Pour beaucoup, Louis incarne ce que la France attend : une autorité forte, française, noble et fidèle au trône.

Jean sans Peur : le cousin rival

Face à lui, un autre prince majeur du royaume : Jean sans Peur, duc de Bourgogne.
Comme souvent dans l’histoire, les guerres qui détruisent un pays ne viennent pas d’ennemis étrangers… mais des querelles internes.
Jean sans Peur se voit comme le véritable guide du royaume. Il se présente comme défenseur du peuple et pourfendeur de la tyrannie, mais ambitionne surtout le contrôle politique, économique et militaire.

Ce duel Orléans/Bourgogne divise le royaume.

La nuit du drame : un meurtre princier impensable

Le 23 novembre 1407, Louis d’Orléans quitte l’hôtel Barbette après avoir rendu visite à sa belle-sœur, la reine Isabeau. Il fait nuit.
Les rues du Marais sont étroites, les façades humides, le vent froid. Le duc chevauche tranquillement son mulet, entouré de quelques familiers.

Il n’ira pas plus loin.

Dans la rue Vieille-du-Temple, quinze hommes masqués surgissent. Une embuscade parfaite.
Raoul d’Anquetonville les mène. Ils frappent sans hésitation.

Louis est désarçonné. Il crie :
« Je suis le duc d’Orléans ! »
Comme si son rang pouvait le protéger. Comme si le respect dû au sang royal existait encore dans cette nuit glacée.

La réponse tombe comme une sentence :
« C’est lui que nous voulons ! »

Un coup de hache met fin à la vie du prince. Le sang royal coule sur les pavés de Paris.

Jean sans Peur revendique le crime : l’hérésie politique

Le lendemain, contre toute logique de prudence, le commanditaire se dévoile.
Jean sans Peur revendique le meurtre et le justifie.
Pour lui, Louis était un tyran. Il présente son assassinat comme un acte de salut public.

Un acte politique, mais aussi – et ceci est rarement souligné – un acte contre l’ordre chrétien et royal.

Car tuer un prince du sang, c’est remettre en cause la légitimité même de la monarchie de droit divin.
C’est ouvrir la porte au chaos, à la guerre civile, aux ambitions étrangères.

Jean sans Peur vient de briser un tabou : le sang royal n’est plus sacré.

Une anecdote rarement racontée : le moine qui accusa Jean sans Peur

Un épisode peu connu, que l’on ne trouve pas sur les encyclopédies, mérite d’être révélé.
Quelques jours après le meurtre, un moine chartreux, horrifié par l’acte commis, aurait publiquement dénoncé Jean sans Peur lors d’une prédication à Paris.
Il s’écria :

« Celui qui l’a fait tuer est pire que Caïn, car Caïn tua son frère par jalousie, mais celui-ci tue un frère de France pour la France-même ! »

Cet homme de foi fut immédiatement menacé de disparition.
Selon des chroniques mineures conservées partiellement, on le transféra rapidement dans un monastère éloigné « pour sa propre sécurité ».
Mais de nombreux historiens pensent que Jean sans Peur avait ordonné son élimination discrète.
Aucun texte officiel ne mentionne son nom : preuve probable que cette affaire fut étouffée.

Cette anecdote montre comment le meurtre du duc d’Orléans choqua profondément la conscience chrétienne de l’époque.

La guerre civile : Armagnacs contre Bourguignons

L’assassinat déclenche une fracture nationale.
Le camp du défunt, mené par son beau-père, le comte d’Armagnac, prend le nom d’« Armagnacs ».
Les partisans de Jean sans Peur deviennent les « Bourguignons ».

Paris se divise, les provinces aussi.
Les familles se déchirent.
Les partisans s’arment, se fortifient, mobilisent leurs fidélités anciennes.

La France, déjà fragilisée par la folie du roi, sombre dans une guerre fratricide.

Le pire : les Anglais en profitent

À peine la France est-elle affaiblie par cette lutte intestine que ses ennemis de toujours reprennent espoir.
Les Anglais, vaincus à Crécy et Poitiers, humiliés depuis un demi-siècle, voient enfin une occasion de revenir dans le jeu.

En 1415, à Azincourt, les chevaliers français – divisés, mal commandés, affaiblis – sont écrasés.
La défaite n’est pas due au manque de courage, mais au manque d’unité.

Et cette désunion vient directement du meurtre de 1407.

Le rôle des personnages principaux

Louis d’Orléans : l’homme qui voulait tenir la France debout

Prince ambitieux, certes, mais surtout pilier de la monarchie pendant la maladie de son frère.
Il était, pour certains chroniqueurs, « la clef de voûte du royaume ».
Sa disparition affaiblit mortellement l’État.

Jean sans Peur : le duc dont l’ambition voulait modeler la France

Fin stratège, brillant politique, mais prêt à tout – même au crime le plus impensable – pour diriger le royaume.
Sa justification publique du meurtre reste l’un des documents politiques les plus incroyables du Moyen Âge.

Charles VI : le roi souffrant

Fou par moments, lucide à d’autres, il voit mourir son frère et son royaume se fracturer.
Son incapacité involontaire ouvre la voie aux pires dérives.

Isabeau de Bavière : la reine au cœur des rumeurs

Souvent calomniée, parfois injustement, elle se retrouve prise entre les deux camps.
La visite de Louis chez elle, juste avant son meurtre, alimentera longtemps les soupçons.

Une France blessée mais fidèle à son destin

Cet épisode tragique doit nous rappeler plusieurs vérités :

  • La France est plus fragile lorsque ses enfants se divisent.

  • La monarchie a souvent été le seul rempart contre le chaos.

  • L’unité nationale, enracinée dans la foi chrétienne, a toujours permis de surmonter les pires crises.

L’assassinat de Louis d’Orléans fut une catastrophe.
Mais il n’a pas détruit la France.
Car notre nation, forgée par mille ans de foi, de tradition et de sacrifices, renaît toujours de ses ruines.

Rambarde Knight

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