
1431 : le sacre sacrilège d’Henri VI à Notre-Dame, l’humiliation d’une France occupée
- Histoire
- 19 décembre 2025
Quand l’occupant se fait roi
Il est des dates qui ne relèvent pas seulement de l’histoire, mais de la mémoire blessée d’un peuple.
Le 16 décembre 1431, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, un enfant anglais de neuf ans, Henri VI, est solennellement couronné roi de France. Ce jour-là, l’occupant ose s’approprier ce qu’il ne peut ni comprendre ni légitimement posséder : la couronne très chrétienne des rois de France.
Six mois plus tôt, Jeanne d’Arc, envoyée de Dieu pour relever le royaume, a été livrée, jugée et brûlée vive par les Anglais, avec la complicité de clercs félons. Le sang de la Pucelle n’est pas encore sec que ses bourreaux organisent une liturgie de façade, prétendant effacer l’œuvre divine accomplie à Reims.
Mais ce sacre n’est qu’une illusion politique, une profanation symbolique, et une offense faite à Dieu et à la France. Paris est occupé, la France ne l’est pas.
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Le contexte historique – La France crucifiée de la guerre de Cent Ans
Au début du XVe siècle, le royaume de France traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. La guerre de Cent Ans, déclenchée en 1337, n’est plus seulement un conflit dynastique : elle est devenue une guerre de survie nationale.
Après la défaite d’Azincourt (1415), l’Angleterre impose progressivement sa domination militaire sur le nord du royaume. Paris tombe sous contrôle anglo-bourguignon. Le traité de Troyes (1420) parachève la trahison : Charles VI, roi affaibli, reconnaît le roi d’Angleterre comme héritier du trône de France, déshéritant son propre fils, le dauphin Charles.
Ce traité, contraire aux lois fondamentales du royaume, ne repose ni sur le droit, ni sur la tradition, ni sur le consentement du peuple français. Il est le fruit de la contrainte, de la peur et de l’alliance avec l’ennemi.
Dans ce chaos surgit Jeanne d’Arc, humble bergère de Lorraine, qui rend au royaume son espérance. En 1429, elle conduit Charles à Reims, lieu sacré du sacre capétien. Là, selon la tradition millénaire, Charles VII est oint avec l’huile sainte. Le roi est fait par Dieu, non par l’occupant.
Peut-on couronner un roi sans Reims, sans la foi, sans la France ?
Le sacre d’Henri VI à Paris n’est pas un sacre au sens français du terme. Il s’agit d’une cérémonie politique déguisée, privée de ses fondements spirituels.
Depuis Clovis, la monarchie française est indissociable du sacre de Reims, de l’onction divine et du rôle du roi comme lieutenant de Dieu sur terre. Or Henri VI n’est pas sacré à Reims, il n’est pas oint selon la tradition complète, et il ne parle même pas la langue du royaume qu’il prétend gouverner.
Pire encore : ce sacre se déroule dans une France occupée, sous protection militaire étrangère, devant une population parisienne silencieuse, résignée ou hostile. La cathédrale est pleine de soldats, de dignitaires anglais et de clercs soumis.
Ce n’est pas un peuple qui acclame son roi.
C’est un occupant qui se couronne lui-même.
Les personnages principaux
Henri VI d’Angleterre – L’enfant roi instrumentalisé
Henri VI n’est pas un tyran conscient. Il est un enfant, élevé loin de la France, façonné par un entourage politique qui se sert de lui comme d’un étendard. Son sacre à Paris vise à donner une apparence de légitimité à une domination militaire.
Son règne sur la France restera théorique. Il ne connaîtra ni le pays, ni son peuple, ni ses traditions. L’histoire retiendra surtout son incapacité à conserver ce qui lui fut artificiellement attribué.
Charles VII – Le roi légitime et patient
À l’inverse, Charles VII incarne la continuité capétienne. Sacré à Reims, reconnu par les forces vives du royaume, il règne d’abord sur un territoire réduit, mais réel, vivant, fidèle.
Son autorité ne repose pas sur des traités imposés par l’ennemi, mais sur la légitimité spirituelle, la tradition et le consentement progressif du peuple français. Il attend, reconstruit, réforme, et prépare la reconquête.
Jeanne d’Arc – Absente, mais omniprésente
Bien qu’absente physiquement, Jeanne d’Arc plane sur toute cette cérémonie parisienne. Son supplice récent hante les consciences. Les Anglais savent qu’ils ont brûlé plus qu’une femme : ils ont tenté d’éteindre une mission divine.
Le sacre d’Henri VI est aussi une tentative désespérée d’effacer Reims, d’effacer Jeanne, d’effacer Dieu.
Une anecdote révélatrice – Le silence de Notre-Dame
Les chroniques contemporaines rapportent un détail troublant, rarement mis en avant : l’étrange silence qui accompagne la cérémonie. Contrairement aux sacres traditionnels, marqués par l’enthousiasme populaire, les acclamations furent rares, forcées, presque absentes.
On note également que plusieurs cloches de Paris ne sonnèrent pas, soit par choix, soit par négligence volontaire. Dans une ville où chaque grande fête royale était ordinairement annoncée à pleine volée, cette retenue sonne comme une protestation muette.
Ce silence n’est pas anodin. Il traduit l’état réel du royaume : soumis extérieurement, mais intérieurement réfractaire. Paris assiste, mais ne consent pas. La France regarde, mais n’adhère pas.
Une mascarade vouée à l’échec
L’histoire confirmera ce que beaucoup pressentaient déjà en 1431. Le sacre parisien d’Henri VI ne produit aucun enracinement durable. Les années suivantes verront la reconquête progressive du territoire par Charles VII, la rupture de l’alliance bourguignonne, et l’effondrement de la domination anglaise.
En 1453, la guerre de Cent Ans s’achève. L’Angleterre est chassée du royaume de France, à l’exception de Calais. Le sacre illégitime de Notre-Dame n’aura été qu’une parenthèse honteuse, une tentative avortée de violer l’ordre naturel, politique et spirituel de la France.
Conclusion – Dieu ne reconnaît qu’un seul roi légitime
Le sacre d’Henri VI à Notre-Dame de Paris n’est pas une simple curiosité historique. Il est un avertissement. Lorsqu’un pouvoir étranger, soutenu par des élites corrompues, tente de s’imposer sans la légitimité spirituelle, il peut occuper, mais jamais régner durablement.
La France n’est pas une terre que l’on conquiert seulement par les armes. Elle est une nation de foi, de tradition et de mémoire. En 1431, Paris est occupé, mais la France demeure libre dans ses campagnes, ses cœurs et sa fidélité à son vrai roi.
Charles VII, sacré à Reims par la volonté divine, triomphera.
Et l’histoire donnera raison à la France chrétienne.








