Charles V punit un vassal traître : comment la souveraineté royale s’impose en 1378 ?

Quand la trahison menace la France éternelle

À la fin du XIVe siècle, le royaume de France traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire. La guerre de Cent Ans oppose la couronne très chrétienne aux ambitions anglaises, tandis que certains grands seigneurs féodaux hésitent entre fidélité et calcul personnel. En décembre 1378, Charles V le Sage pose un acte d’autorité solennel : il punit un vassal traître, Jean IV de Bretagne, pour avoir livré son duché à l’ennemi anglais. Cette décision, à la fois juridique, politique et spirituelle, marque un tournant dans l’affirmation de la souveraineté royale face aux féodalités rebelles.

Cet épisode, souvent résumé en quelques lignes dans les manuels, révèle pourtant une vérité profonde : la France ne se construit pas seulement par l’épée, mais par la fidélité au serment, à la couronne et à la foi.

Le contexte historique : la France chrétienne face à la tempête

La guerre de Cent Ans et la fragilité du royaume

Depuis 1337, la Guerre de 100 ans oppose la France à l’Angleterre pour la légitimité du trône. Après les désastres de Crécy et de Poitiers, le royaume a vacillé. Charles V, issu de la dynastie des Valois, hérite d’un pays meurtri mais résolu à se relever. Par la diplomatie, la réforme fiscale et l’appui sur des capitaines fidèles comme Du Guesclin, il restaure progressivement l’autorité royale.

La féodalité à l’épreuve de la souveraineté

Au Moyen Âge, le lien féodal n’est pas un simple contrat politique : il est sacré. Le vassal jure fidélité à son suzerain devant Dieu. Trahir son roi, c’est rompre un serment spirituel autant que politique. En s’alliant aux Anglais, Jean IV de Bretagne bafoue cet ordre chrétien, mettant en péril l’unité du royaume.

Charles V le Sage : le roi très chrétien et stratège

Un souverain de raison et de foi

Charles V n’est pas un roi guerrier au sens classique. Surnommé « le Sage », il gouverne par l’intelligence, le droit et la patience. Profondément chrétien, il voit sa mission comme un service rendu à Dieu pour protéger le peuple de France. Pour lui, la justice royale est un prolongement de l’ordre divin.

La décision de 1378 : une justice exemplaire

Le 18 décembre 1378, depuis le palais royal de Paris, Charles V prononce la forfaiture de Jean IV. Ce terme juridique signifie la perte de tous les droits féodaux pour trahison. Le duché de Bretagne est confisqué au nom de la couronne. Ce n’est pas un acte de vengeance, mais une démonstration claire : nul n’est au-dessus du roi lorsque l’unité de la France chrétienne est menacée.

Jean IV de Bretagne : ambitions, exil et erreur politique

Un duc entre deux couronnes

Jean IV règne sur un duché stratégique, tourné vers la mer et convoité par l’Angleterre. Craignant l’emprise croissante du roi de France, il choisit l’alliance anglaise, pensant préserver son autonomie. Ce calcul se révèle funeste.

Le refuge anglais et la perte du soutien breton

Après la sentence de Charles V, Jean IV s’exile en Angleterre. Mais en Bretagne même, la population, attachée à la paix et à la stabilité, se lasse des alliances étrangères. Peu à peu, les élites locales se rallient à la France, voyant dans la monarchie un rempart contre le chaos.

Anecdote méconnue : le serment oublié de Jean IV

Une chronique bretonne tardive rapporte qu’au moment de son hommage au roi de France, Jean IV aurait juré fidélité sur un évangéliaire conservé à l’abbaye de Redon. Cet objet sacré, symbole de l’alliance entre foi et pouvoir, aurait été rappelé par les juristes royaux lors du procès de forfaiture. Ce détail, absent de nombreuses synthèses modernes, montre combien la trahison fut perçue comme un sacrilège autant qu’un crime politique.

Chronologie des événements clés

  • 1364 : Jean IV est reconnu duc de Bretagne.

  • 1370 : Charles V consolide le pouvoir royal face aux grands vassaux.

  • 1373-1377 : Jean IV multiplie les accords avec l’Angleterre.

  • 18 décembre 1378 : Charles V prononce la forfaiture et confisque le duché.

  • 1379 : Intervention militaire française en Bretagne.

  • 1381 : Ralliement progressif des Bretons à la couronne.

  • 1384 : Mort de Charles V, héritage d’un État renforcé.

Regardez la version courte de cette histoire sur YouTube :

Analyse spirituelle et nationale : une France unie dans la foi

La décision de Charles V dépasse le cadre d’un simple conflit féodal. Elle affirme une idée neuve : la France n’est pas une mosaïque de seigneuries, mais un corps politique uni sous une couronne voulue par Dieu. En punissant la trahison, le roi protège la communauté des fidèles et garantit la paix intérieure.

Comme l’écrit un chroniqueur contemporain :

« Le roi, en gardant justice, gardait le royaume en la grâce de Dieu. »

Plus tard, l’historien Jacques Bainville soulignera :

« La monarchie française s’est faite contre l’anarchie féodale, pour l’ordre et la durée. »

Et si Charles V avait cédé ?

Imaginons un instant que Charles V ait toléré la trahison de Jean IV. La Bretagne serait devenue un bastion anglais durable, ouvrant la voie à la fragmentation du royaume. D’autres ducs auraient suivi cet exemple, affaiblissant la France chrétienne au profit d’intérêts étrangers. La victoire finale de la France dans la guerre de Cent Ans aurait peut-être été compromise, et l’histoire spirituelle de la nation profondément altérée.

Réflexion patrimoniale : l’héritage d’une fidélité

L’épisode de 1378 nous rappelle que l’unité nationale ne naît pas de la soumission aveugle, mais de la fidélité à un bien commun supérieur. Charles V incarne cette France qui sait allier autorité et justice, foi et raison. Aujourd’hui encore, cet héritage nous invite à préserver ce qui fait notre force : une histoire, une culture et une unité spirituelle forgées dans l’épreuve.

Se souvenir de ces actes, c’est honorer la France éternelle et transmettre aux générations futures le sens du devoir et de la fidélité.

Rambarde Knight

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