Rambarde Knight · Quiz sanglant

La Lame & la Vertu

Quand la Révolution dévore ses propres enfants

Ils ont crié « Vive la République », renversé le trône, décapité un roi. Puis ils se sont décapités entre eux, avec le même enthousiasme et la même rhétorique vertueuse. La guillotine ne fait pas le tri — voici le quiz de ceux qui l’ont inventée et qui y ont perdu la tête.

Quinze têtes · Quinze questions

La Terreur

Le couteau ne dort jamais

Danton, Robespierre, Hébert, Vergniaud… chacun avait sa doctrine, ses ennemis, sa vision du bonheur universel. Chacun eut aussi sa date avec la lame. Ce quiz remonte le fil de leurs chutes — et des anecdotes que les manuels oublient pudiquement.

Histoire & ironie noire

Sic Transit

Ainsi passe la gloire révolutionnaire

Un brin royaliste dans l’âme, ce quiz vous propose de contempler avec une bienveillante mélancolie le spectacle de gens qui voulaient changer le monde et qui changèrent surtout de tête — au sens strict du terme. Instructif, et parfois fort drôle.

Quiz · Histoire & Ironie

Quand les Révolutionnaires se guillotinent eux-mêmes

Danton, Robespierre & les autres — quinze questions sur la plus cruelle des ironies historiques

La Vertu est un couteau à double tranchant — et la Terreur en est la preuve

Il y a dans la Révolution française une ironie que les manuels scolaires peinent à nommer sans malaise : elle dévora presque tous ceux qui l’avaient faite. Les mêmes hommes qui avaient fait tomber la tête de Louis XVI — au nom du Peuple, de la Raison, de la Vertu — se retrouvèrent quelques mois plus tard dans la charrette, sous le même ciel de Paris, devant la même foule. La même lame. Le même panier.

On pourrait y voir une tragique loi de la révolution : tout régime fondé sur la vertu absolue finit par trouver que personne n’est assez vertueux. Robespierre envoya Danton à l’échafaud, puis Thermidor envoya Robespierre. Saint-Just, qui avait si superbement envoyé les autres, suivit son maître. La guillotine, machine de la modernité égalitaire, avait au moins cette qualité : elle ne faisait pas de favoritisme.

Ce quiz, légèrement teinté d’une nostalgique sympathie pour les temps où la France avait encore un roi et où l’on tranchait les différends sans avoir besoin d’inventer une machine pour ça, vous invite à mieux connaître ces curieux personnages. Ils étaient brillants, sincères, souvent courageux — et très mauvais pour la longévité.

« La Révolution, comme Saturne, dévore successivement tous ses enfants. » Cette phrase prêtée à Vergniaud — lui-même guillotinand irréprochable — résume en vingt mots ce que quinze questions vont illustrer en détail.

Quinze révolutionnaires, quinze chutes. Certains vous sont familièrs, d’autres beaucoup moins. Quelques réponses vous surprendront. C’est voulu — c’est la marque de fabrique de Rambarde Knight : apprendre quelque chose à chaque page turnée.

☠   Chronologie de la chute   ☠

Juil. 1789

Prise de la Bastille

Jan. 1793

Louis XVI exécuté

Oct. 1793

Les Girondins

Mars 1794

Hébert & cord.

Avril 1794

Danton exécuté

Juil. 1794

Thermidor

28 Juil. 1794

Robespierre & SJ

1795

La Terreur blanche

Nov. 1799

Bonaparte, 18 Brum.

La charrette est prête. Quinze questions vous attendent — de Danton à des êtres moins fameux qui ont pourtant contribué autant à leur propre perte. Tournez les cartes et découvrez.

Commencer le quiz ↓

1Georges Danton

Danton, tribun du peuple et fondateur du Comité de salut public, fut guillotinand le 5 avril 1794 — quelle fut sa dernière répartie célèbre sur l’échafaud ?

Georges Danton était l’homme le plus bruyant de la Révolution — au sens propre comme au figuré. Voix de stentor, carrure de bœuf, visage ravagé par la variole, il avait été l’organisateur de la défense nationale en 1792, celui qui cria « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! ». Fondateur même du Comité de salut public, il finit par trouver la Terreur excessive — ce qui, paradoxalement, le condamna.

Robespierre, qui l’admirait jadis, le fit arrêter en mars 1794 sur des accusations vénales. Le procès fut une farce — Danton défendit si efficacement sa cause que le Comité dut voter un décret interdisant aux accusés de s’exprimer librement. Efficace, la démocratie.

Sur la charrette, ses compagnons pleuraient. Lui riait, ou du moins faisait semblant — car il était acteur jusqu’au bout. Sa formule au bourreau Sanson est restée dans les mémoires comme l’une des plus grandes réparties de l’histoire de France.

☠   Vos choix   ☠

A« Je meurs innocent ! »
Ce n’est pas luiC’est le genre de phrase que les condamnés pudiques prononçaient — pas Danton, qui était d’une tout autre trempe.
B« Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine. »
Exact !Prononcée au bourreau Sanson — ultime vanité ou ultime grandeur ? Probablement les deux, avec Danton.
C« Robespierre, tu me suivras ! »
Attribué à tortCette belle malédiction est populèrement attribuée à Danton mais sans source solide — la réalité est encore plus piquante.

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2Maximilien Robespierre

Robespierre, « l’Incorruptible », fut arrêté le 9 Thermidor — dans quel état physique se présenta-t-il à l’échafaud ?

Maximilien Robespierre avait ordonné la mort de milliers de personnes au nom de la Vertu — avec un calme administratif qui effrayait ses contemporains. Avocat d’Arras, propret, poudré, point d’honneur à sa mise, il était surnommé l’« Incorruptible » pour son refus apparent de tout intérêt personnel.

Le coup de Thermidor (27 juillet 1794) le prit par surprise. Lors de son arrestation à l’Hôtel de Ville, quelque chose de peu glorieux se produisit — un incident physique que ses biographes décrivent avec des pudeurs variées et dont l’origine exacte est encore discutée. Blessure ? Tentative de suicide ratée ? Coup de crosse d’un gendarme ?

Ce qui est certain, c’est que l’homme qui avait présidé la Terreur avec une froide élégance se retrouva le lendemain sur la charrette dans un état qui contrastait singulièrement avec son image habituelle — au vif amusement d’une partie de la foule parisienne.

☠   Vos choix   ☠

AEn grande tenue, impeccable jusqu’au bout
L’image qu’il voulaitC’était l’image qu’il cultivait de son vivant — la réalité de sa fin fut bien différente.
BEn larmes, suppliant ses geôliers
Trop romanesqueRobespierre ne supplia pas — il était dans l’incapacité de le faire, pour une raison bien plus crue.
CMâchoire brisée, bandage ensanglanté, incapable de parler
Exact !Coup de pistolet (suicidaire ou accidentel) à la mâchoire. On lui arracha le bandage au moment du couperet — il hurla. Fin peu digne pour l’Incorruptible.

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3Louis Antoine de Saint-Just

Saint-Just, « l’Ange de la Mort », guillotinand à 26 ans — quel surnom lui avait valu son inflexibilité glaciale ?

Louis Antoine de Saint-Just était le plus jeune et le plus beau des membres du Comité de salut public. Il avait 24 ans à peine quand il réclamait des têtes à la tribune de la Convention avec la sereine conviction d’un mathématicien énonçant un théorème. Il avouait volontiers que le bonheur était une idée neuve en Europe — et la façon dont il entendait l’obtenir était assez exigeante pour les vivants.

Rapporteur impitoyable des lois de ventôse, artisan du procès de Danton, il fut aussi l’un des rares à monter à l’échafaud le 28 juillet 1794 en silence absolu — sans un mot, sans une larme, avec cette même froideur qui avait caractérisé toute sa carrière.

Anecdote peu connue : Saint-Just avait écrit dans sa jeunesse un poème érotique licencieux intitulé Organt, rempli de passages que sa postérité révolutionnaire preféra oublier. L’Ange de la Mort avait ses péchés de jeunesse comme tout le monde.

☠   Vos choix   ☠

AL’Archange de la Terreur
Exact !Sa beauté froide et sa résolution inexorable lui valurent ce surnom — aussi appelé simplement « l’Ange de la Mort » par ses contemporains atterrés.
BLe Lion de la Convention
C’est DantonLe « Lion » renvoie à la force bruyante de Danton — Saint-Just était tout le contraire : froid, policé, mortel.
CL’Incorruptible cadet
Ce surnom était prisL’Incorruptible, c’était Robespierre. Saint-Just avait son propre surnom, nettement plus sinistre.

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4Jacques-Louis Hébert

Hébert, rédacteur du journal le plus ordurier de la Révolution, fut guillotinand en mars 1794 — quel était le nom de son célèbre torchon révolutionnaire ?

Jacques-Louis Hébert avait trouvé sa vocation : la presse d’insulte. Fils de bourgeois normand, il était arrivé à Paris sans le sou et s’était recyclé en journaliste révolutionnaire avec un talent réel pour l’outrance. Son journal, publié sous le pseudonyme du Père Duchesne, était rédigé dans un argot vulgaire et truculant, semé de jurons, et diffusé gratuitement dans les armées grâce aux subventions de l’État.

Les Hébertistes, sa faction, poussaient à une radicalisation encore plus violente de la Révolution — déchristianisation active, économie de guerre totale. Ils représentaient l’aile extrême, les « enragés », et Robespierre les trouva finalement trop extrêmes pour lui — ce qui est dire.

Anecdote savoureuse : Hébert, qui avait passé des années à narrer avec verve les exécutions des ennemis du peuple, s’évanouit de terreur sur la charrette. La foule, qui l’avait adoré, le hua avec le même enthousiasme.

☠   Vos choix   ☠

AL’Ami du peuple
C’est MaratL’Ami du peuple était le journal de Marat — Hébert avait le sien, encore plus coloré en vocabulaire.
BLe Père Duchesne
Exact !Le Père Duchesne — journal d’un peuple en colère, rédigé dans l’argot des faubourgs, distribué aux armées. Hébert signait sous ce pseudonyme.
CLe Moniteur universel
Trop officielLe Moniteur était le journal semi-officiel de la Révolution — bien trop policé pour le style d’Hébert.

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5Pierre Vergniaud

Vergniaud, le plus éloquent des Girondins, fut guillotinand en octobre 1793 — combien de ses collègues Girondins périrent-ils avec lui ce même jour ?

Pierre Vergniaud était l’orateur le plus brillant de son époque — ses contemporains le comparaient à Demosthène et à Cicéron. Avocat bordelais devenu député, il avait voté la mort du roi (avec une réserve tardive, il est vrai), et avait mené le combat contre les Montagnards de Robespierre.

Les Girondins représentaient l’aile modérée des républicains — attachés aux départements contre la concentration du pouvoir à Paris, moins enclins à la Terreur. Ils furent proscrits par le coup de force du 2 juin 1793 et leurs chefs arrêtés.

Ce qui se passa le 31 octobre 1793, jour de leur exécution, fut aussi sinistre que symbolique : une exécution collective, la plus importante par son nombre jusqu’alors. Vergniaud, à ce qu’on dit, entonna la Marseillaise avec ses compagnons pendant le trajet — ironie ultime, puisque c’était leur hymne à eux aussi.

☠   Vos choix   ☠

6Six collègues
Trop peuLa Révolution ne faisait pas dans la demi-mesure — le nombre de têtes ce jour-là fut bien plus important.
12Douze collègues
Pas assezLe Tribunal révolutionnaire avait condamné davantage — vingt et un députés montèrent ensemble à l’échafaud.
20Vingt collègues
Exact !21 Girondins guillotinandés en un seul jour — record macabre qui ne tint pas longtemps face aux mois suivants.

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6Olympe de Gouges

Olympe de Gouges, autrice de la Déclaration des droits de la femme, fut guillotinée en 1793 — quelle était sa position politique qui la condamna ?

Olympe de Gouges n’était pas quelqu’un de facile à classer. Fille illégitime d’un boucher de Montauban (ou peut-être du marquis de Pompignan, selon une rumeur qu’elle entretenait volontiers), montée à Paris, dramaturge, pamphétaire, féministe avant le mot — elle avait rédigé en 1791 sa célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

Elle était révolutionnaire — elle avait soutenu la Révolution dès 1789. Mais elle avait aussi des positions qui la rendaient suspecte aux yeux des Montagnards : elle avait proposé un référendum sur la forme du gouvernement après la mort du roi, et avait ouvertement soutenu les Girondins condamnés.

Au moment de son arrestation, elle avait affiché des placards offrant trois options au peuple : la République unitaire, le fédéralisme, ou… la monarchie. Dans l’atmosphère de 1793, c’était signer son arrêt de mort. Elle eut du moins la cohérence de mourir pour ce qu’elle avait écrit.

☠   Vos choix   ☠

AEspionnage au profit de l’Angleterre
InventéL’accusation d’espionnage était le fond de commerce du Tribunal révolutionnaire pour les cas difficiles — ce n’était pas la raison principale ici.
BSoutien aux Girondins et appel au référendum sur la monarchie
Exact !Ses placards proposant la monarchie comme option l’envoyèrent à l’échafaud — elle avait bravé l’atmosphère de l’époque avec une remarquable inconsidération.
CDéfense de Marie-Antoinette
Partiellement vraiElle avait bien proposé de défendre la reine, mais c’est son fédéralisme et ses placards qui constituent la raison juridique de sa condamnation.

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7Antoine Barnave

Barnave, l’un des premiers grands orateurs révolutionnaires, fut guillotinand en 1793 — pour quelle raison paradoxale, lui qui avait commencé parmi les Jacobins ?

Antoine Barnave fut l’un des premiers tribuns de la Révolution — brillant avocat dauphinoïs, il avait prononcé des discours incendiaires aux États généraux et à l’Assemblée constituante. Il co-fonda le club des Jacobins avec Robespierre et Lameth en 1789.

Mais il commit ce qui était alors le péché original de la politique révolutionnaire : il évolua. Chargé d’escorter la famille royale après la fuite de Varennes en juin 1791, il rencontra personnellement Louis XVI et Marie-Antoinette dans la voiture du retour — et fut touché par leur humanité.

Il entretint ensuite une correspondance secrète avec la reine pour tenter de sauver la monarchie constitutionnelle. Quand ces lettres furent découvertes dans l’armoire de fer aux Tuileries après le 10 août 1792, son sort était scellé. L’homme qui avait créé les Jacobins fut guillotiné pour avoir voulu sauver le roi.

☠   Vos choix   ☠

ACorrespondance secrète avec Marie-Antoinette pour protéger la monarchie constitutionnelle
Exact !Co-fondateur des Jacobins, il périt pour avoir rencontré personnellement la reine et avoir cherché à la sauver. La Révolution ne pardonne pas les changements d’avis.
BTentative de fuite en Angleterre
InexactBarnave ne tenta pas de fuir — il se retira dans sa province après 1791 et fut arrêté sur documents compromettants.
CTrahison militaire à la frontière
Rien de telBarnave était avocat et orateur, pas militaire — sa trahison était de plume et de sentiment, non d’épée.

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8Camille Desmoulins

Desmoulins, l’agitateur du Palais-Royal en 1789, fut guillotinand avec Danton en avril 1794 — qu’avait-il publié qui décida Robespierre à le sacrifier ?

Camille Desmoulins avait été l’un des déclencheurs symboliques de la Révolution : c’est lui qui, le 12 juillet 1789, avait sauté sur une table du Palais-Royal et harangué la foule avec une feuille verte en guise de cocarde, appelant aux armes. La Bastille tomba deux jours après.

Journaliste révolutionnaire passionné, vieux camarade de Robespierre depuis leur scolarité au lycée Louis-le-Grand, il avait soutenu la Terreur — puis commença à douter. Il créa un journal dans lequel il appelait à la clémence et à la fin des exécutions arbitraires — ce qui dans le contexte de la Terreur était un luxe qu’on ne pouvait pas se permettre.

Robespierre, qui l’appelait jadis « mon vieux camarade », présida lui-même la destruction des numéros du journal à la Convention. Sa femme Lucile, qui tenta de le sauver, fut guillotinée quelques jours après lui. La Révolution n’était pas sentimentale.

☠   Vos choix   ☠

AL’Histoire secrète de la Révolution
Titre inventéDesmoulins n’écrivit pas un tel ouvrage — son titre maudit était bien plus élégant et direct dans son ambition.
BLe Vieux Cordelier, appelant à la clémence
Exact !Le Vieux Cordelier (déc. 1793) réclamait l’ouverture des prisons et la fin des massacres arbitraires. Robespierre fit brûler les numéros à la Convention avant de faire guillotiner l’auteur.
CLa France libre, attaquant Robespierre nommément
Ce n’est pas çaLa France libre était son premier pamphlet, écrit avant la Révolution. Ce qui le condamna était bien plus récent.

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9Georges Couthon

Couthon, membre du grand Comité avec Robespierre, fut guillotinand le même jour que lui — quelle particularité physique rendait son arrestation à l’Hôtel de Ville particulièrement sinistre ?

Georges Couthon était l’un des trois membres du triumvirat qui gouverna la France pendant la Terreur avec Robespierre et Saint-Just. Avocat auvergnat, ancien philanthrope connu pour sa douceur, il était devenu l’un des artisans les plus actifs de la répression — c’est lui qui présida les opérations à Lyon après l’écrasement de l’insurrection fédéraliste.

Lyon fut épurée avec une violence telle que le nom de la ville fut même officiellement supprimé — rebaptisée « Ville-Affranchie ». Couthon supervisa les exécutions massives, y compris par mitraillades quand la guillotine était trop lente.

La particularité de Couthon était connue de tous ses contemporains, et sa présence sur la charrette le 28 juillet 1794 frappa les spectateurs par son caractère à la fois pathétique et terrible — un homme qui avait signé tant de morts dans un état qu’il n’avait pas choisi.

☠   Vos choix   ☠

AIl était aveugle
NonCouthon voyait parfaitement — son infirmité était d’une autre nature, qui rendait sa présence sur la charrette encore plus saisissante.
BIl était muet de naissance
Non plusCouthon était au contraire un orateur de talent à la Convention — son infirmité était physique mais différente.
CIl était paralyés des jambes, en fauteuil depuis des années
Exact !Paraplégique, il siégeait en fauteuil à la Convention. On dut le déposer de sa charrette et le porter jusqu’à la lame. L’égalité devant la guillotine était absolue.

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10Question rare : Anacharsis Cloots

Anacharsis Cloots, le plus cosmopolite des révolutionnaires, fut guillotinand avec les Hébertistes — de quelle nationalité était cet « orateur du genre humain » ?

Jean-Baptiste du Val-de-Grâce, baron de Cloots, dit Anacharsis Cloots, est l’un des personnages les plus savoureux de toute la période révolutionnaire — et l’un des plus méconnus. Il s’était lui-même auto-proclamé « orateur du genre humain » et avait déposé sa noblesse sur l’autel de la patrie avec un enthousiasme qui frisait la parodie.

Il était apparu à la barre de l’Assemblée nationale le 19 juin 1790 accompagné d’une délégation de « représentants de tous les peuples de la Terre » (en réalité des gens qu’il avait recrutés dans les rues de Paris) pour saluer la Révolution française au nom de l’humanité entière.

Il obèsédait aussi pour l’idée de supprimer Dieu — était l’un des plus fervents déchristianisateurs, ce qui l’associa aux Hébertistes. Robespierre, qui croyait en l’Être Suprême, le détestait. Quand les Hébertistes tombèrent, Cloots tomba avec eux — après avoir renoncé à son titre de noblesse mais pas, hélas, à sa tête.

☠   Vos choix   ☠

ASuisse
NonLa Suisse fourni suffisamment de gardes royaux à la Révolution — Cloots venait d’un territoire prussien.
BPrussien (actuelle Belgique)
Exact !Né en 1755 à Clèves, dans ce qui était alors la Prusse rhénane (aujourd’hui Allemagne/Belgique). Il fut le seul étranger élu à la Convention nationale.
CHollandais
Pas tout à faitIl était souvent confondu avec les Pays-Bas à cause de son origine rhénane — mais sa nationalité était prussienne.

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11Jean-Sylvain Bailly

Bailly, premier maire de Paris et astronome renommé, fut guillotinand en novembre 1793 — pour quel événement spécifique à son bilan de maire fut-il surtout condamné ?

Jean-Sylvain Bailly avait deux vies avant la Révolution : astronome de premier plan, membre de l’Académie des sciences, auteur d’une monumentale Histoire de l’astronomie, il était aussi fréquentait les salons des Lumières. En 1789, il présida la première séance des États généraux et devint le premier président de l’Assemblée nationale.

Elu premier maire de Paris, il dut gérer une ville en ébullition permanente. Un événement précis en juillet 1791 associa son nom à un massacre — le sang coulé en plein Paris sur un châmp de Mars devint le symbole de la trahison des élites révolutionnaires modérées.

Au moment de son exécution, par un froid de novembre, la foule hurla et le bourreau prit son temps. Une voix cria « Tu trembles, Bailly ! » Il répondit, avec une dignité remarquable : « Oui, mais c’est de froid. » Dernier mot d’un homme de science.

☠   Vos choix   ☠

ALe massacre du Champ-de-Mars (juillet 1791)
Exact !Il fit tirer sur la foule réclamant la déchéance du roi après Varennes — une cinquantaine de morts. La Révolution s’en souvint deux ans plus tard.
BSa défense de la famille royale aux Tuileries
InexactBailly n’avait pas de lien de défense direct avec la famille royale — c’est sa gestion de la crise de 1791 qui le perdit.
CSon appartenance à l’Académie royale des sciences
Pas suffisantSon passé académique royal était suspect, certes — mais c’est un acte précis de son mandat de maire qui motiva officiellement sa condamnation.

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12Question piège : l’inventeur de la guillotine

La guillotine fut popularisée sous ce nom par Joseph-Ignace Guillotin — mais Guillotin fut-il lui-même guillotinand ?

Joseph-Ignace Guillotin est l’un des grands mal-aimés de l’histoire. Médecin philanthrope et député à la Constituante, il avait proposé en 1789 que toutes les exécutions capitales soient effectuées par le même moyen mécanique — par égalité, car avant la Révolution, seuls les nobles avaient droit à la décapitation rapide, les roturiers étant pendus ou roués.

Il n’inventa pas lui-même la machine — c’est le chirurgien Antoine Louis qui en dessina les plans, avec l’aide d’un facteur de clavecin allemand nommé Tobias Schmidt. La machine s’appela d’abord « Louisette » ou « Louison » avant que le surnom populaire ne s’impose.

Guillotin fut arrêté pendant la Terreur et faillit y rester — mais Thermidor le sauva. Il mourut dans son lit en 1814, à 75 ans. Sa famille, humiliée par l’association de nom, demanda officiellement que la machine change de nom. Sur refus du gouvernement, elle changea elle-même de nom de famille.

☠   Vos choix   ☠

AOui, victime de la machine qui porte son nom
Le piège !C’est ce que tout le monde croit — c’était même une rumeur de son vivant. Il n’en fut rien : Thermidor le sauva in extremis.
BNon, il mourut dans son lit en 1814
Exact !Arrêté puis libéré après Thermidor, il mourut paisiblement à 75 ans — au grand dam de l’ironie historique.

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13Philippe Égalité

Philippe d’Orléans, cousin du roi et révolutionnaire fervent, vota la mort de Louis XVI — combien de temps après Louis XVI fut-il guillotinand à son tour ?

Louis-Philippe-Joseph d’Orléans, duc d’Orléans, prince du sang royal, avait fait d’une chose sa marque de fabrique : financer et soutenir l’opposition à Louis XVI depuis ses débuts. Les jardins du Palais-Royal, qu’il possédait, étaient devenus le club révolutionnaire à ciel ouvert de Paris — c’est là que Camille Desmoulins avait harangué la foule en juillet 1789.

Il avait renommé « Philippe Égalité » et voté sans hésiter la mort de son cousin le roi — geste qui partagea profondément l’opinion, y compris parmi les révolutionnaires. Certains le méprisaient pour cette trahison de caste ; d’autres lui faisaient confiance encore moins pour l’avoir commise.

Quand son fils (le futur Louis-Philippe, roi des Français) passa à l’ennemi en suivant Dumouriez en avril 1793, le sort du père fut scellé. L’homme qui avait voté la mort de son cousin fut arrêté, jugé, et reconnut sa condamnation avec une dignité qui surprit ses contemporains — demandant simplement à bien dîner avant de monter à l’échafaud.

☠   Vos choix   ☠

6 moisTrès rapidement après
Trop tôtLa machine révolutionnaire avait ses rythmes propres — il lui fallut un peu plus de temps pour rattraper Égalité.
9 moisNovembre 1793
Exact !Louis XVI fut exécuté en janvier 1793, Philippe Égalité en novembre 1793 — neuf mois pour que la Révolution rattrape celui qui l’avait servie.
2 ansBien après Thermidor
Trop tardPhilippe Égalité n’attendit pas Thermidor — il fut executé en pleine Terreur, avant la chute de Robespierre.

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14Jacques Roux — Question rare

Jacques Roux, le « curé rouge », échappa à la guillotine mais mourut quand même — de quelle façon, avant son exécution programmée ?

Jacques Roux est l’un des personnages les plus radicaux et les plus oubliés de la Révolution. Prêtre qui avait officiellement abdiqué son sacerdoce, il était devenu le chef des « Enragés » — une faction encore plus à gauche que les Hébertistes, réclamant le contrôle des prix, la punition des accapareurs et un communisme primitif avant la lettre.

Il avait accompagné Louis XVI à l’échafaud en tant que prêtre constitutionnel — puis avait demandé au roi de déclarer que son sang satisferait la nation. La formule était d’un assez mauvais goût.

Marat le détestait, Robespierre le méprisait, Hébert l’accéda à ses positions. Arrêté, emprisonné, il attendait son procès devant le Tribunal révolutionnaire — quand il prit les devants de la manière la plus dramatique possible.

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AIl s’échappa de prison et mourut en fuite
NonRoux ne s’échappa pas — il restait dans sa cellule et régla l’affaire lui-même, sans laisser à la lame le dernier mot.
BIl mourut de maladie en prison
Trop banal pour luiUne mort de maladie n’était pas dans le caractère de Jacques Roux — il choisit une fin plus théâtrale et plus définitive.
CIl se suicida dans sa cellule, au couteau, avant son procès
Exact !Le curé rouge se donna plusieurs coups de couteau dans sa cellule — refusant à la guillotine le plaisir de l’achever. Geste de défi jusqu’au bout.

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15Question finale : le record

Combien de personnes la guillotine exécuta-t-elle à Paris en un seul jour — le record absolu de la Grande Terreur, en juin 1794 ?

La Grande Terreur, qui s’étend de juin au 9 Thermidor (27 juillet 1794), constitua le paroxysme du système. La loi du 22 prairial, rédigée par Couthon, simplifia les procédures au point de les rendre fictives : plus d’avocat, plus de témoins, le Tribunal ne pouvait prononcer que deux verdicts — l’acquittement ou la mort.

Le bourreau Henri Sanson, fils du grand Sanson qui avait décapité Louis XVI, vit sa tâche se transformer en travail à la chaîne. Il se plaignit par écrit que ses lames s’émoussaient trop vite et que ses chevaux, épuisés de transporter les cadavres au cimetière, tombaient malades. La révolution industrielle avant l’heure, en quelque sorte.

Le lieu d’exécution avait dû être déplacé de la place de la Révolution (actuelle Concorde) vers la place du Trône Renversé (actuelle Nation) à cause des plaintes des riverains pour l’odeur du sang. Paris restait une ville avec des exigences de confort, même en Terreur.

☠   Vos choix   ☠

27Vingt-sept exécutions
Trop peuLa machine révolutionnaire était bien plus productive en 1794 — le record dépasse largement ce chiffre.
54Cinquante-quatre exécutions
Exact !54 condamnés guillotinés en un seul jour le 7 thermidor (25 juillet 1794) — deux jours avant la chute de Robespierre. Le système s’effondra à son propre apogée.
120Cent vingt exécutions
ExcessifMême la Grande Terreur avait ses limites matérielles — 120 en un jour dépasserait les capacités mécaniques de la machine.

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