Rambarde Knight · Quiz sanglant
La Lame & la Vertu
Quand la Révolution dévore ses propres enfants
Ils ont crié « Vive la République », renversé le trône, décapité un roi. Puis ils se sont décapités entre eux, avec le même enthousiasme et la même rhétorique vertueuse. La guillotine ne fait pas le tri — voici le quiz de ceux qui l’ont inventée et qui y ont perdu la tête.
Quinze têtes · Quinze questions
La Terreur
Le couteau ne dort jamais
Danton, Robespierre, Hébert, Vergniaud… chacun avait sa doctrine, ses ennemis, sa vision du bonheur universel. Chacun eut aussi sa date avec la lame. Ce quiz remonte le fil de leurs chutes — et des anecdotes que les manuels oublient pudiquement.
Histoire & ironie noire
Sic Transit
Ainsi passe la gloire révolutionnaire
Un brin royaliste dans l’âme, ce quiz vous propose de contempler avec une bienveillante mélancolie le spectacle de gens qui voulaient changer le monde et qui changèrent surtout de tête — au sens strict du terme. Instructif, et parfois fort drôle.
Quiz · Histoire & Ironie
Quand les Révolutionnaires se guillotinent eux-mêmes
Danton, Robespierre & les autres — quinze questions sur la plus cruelle des ironies historiques
La Vertu est un couteau à double tranchant — et la Terreur en est la preuve
Il y a dans la Révolution française une ironie que les manuels scolaires peinent à nommer sans malaise : elle dévora presque tous ceux qui l’avaient faite. Les mêmes hommes qui avaient fait tomber la tête de Louis XVI — au nom du Peuple, de la Raison, de la Vertu — se retrouvèrent quelques mois plus tard dans la charrette, sous le même ciel de Paris, devant la même foule. La même lame. Le même panier.
On pourrait y voir une tragique loi de la révolution : tout régime fondé sur la vertu absolue finit par trouver que personne n’est assez vertueux. Robespierre envoya Danton à l’échafaud, puis Thermidor envoya Robespierre. Saint-Just, qui avait si superbement envoyé les autres, suivit son maître. La guillotine, machine de la modernité égalitaire, avait au moins cette qualité : elle ne faisait pas de favoritisme.
Ce quiz, légèrement teinté d’une nostalgique sympathie pour les temps où la France avait encore un roi et où l’on tranchait les différends sans avoir besoin d’inventer une machine pour ça, vous invite à mieux connaître ces curieux personnages. Ils étaient brillants, sincères, souvent courageux — et très mauvais pour la longévité.
Quinze révolutionnaires, quinze chutes. Certains vous sont familièrs, d’autres beaucoup moins. Quelques réponses vous surprendront. C’est voulu — c’est la marque de fabrique de Rambarde Knight : apprendre quelque chose à chaque page turnée.
☠ Chronologie de la chute ☠
Prise de la Bastille
Louis XVI exécuté
Les Girondins
Hébert & cord.
Danton exécuté
Thermidor
Robespierre & SJ
La Terreur blanche
Bonaparte, 18 Brum.
La charrette est prête. Quinze questions vous attendent — de Danton à des êtres moins fameux qui ont pourtant contribué autant à leur propre perte. Tournez les cartes et découvrez.
Commencer le quiz ↓1Georges Danton
Danton, tribun du peuple et fondateur du Comité de salut public, fut guillotinand le 5 avril 1794 — quelle fut sa dernière répartie célèbre sur l’échafaud ?
Georges Danton était l’homme le plus bruyant de la Révolution — au sens propre comme au figuré. Voix de stentor, carrure de bœuf, visage ravagé par la variole, il avait été l’organisateur de la défense nationale en 1792, celui qui cria « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! ». Fondateur même du Comité de salut public, il finit par trouver la Terreur excessive — ce qui, paradoxalement, le condamna.
Robespierre, qui l’admirait jadis, le fit arrêter en mars 1794 sur des accusations vénales. Le procès fut une farce — Danton défendit si efficacement sa cause que le Comité dut voter un décret interdisant aux accusés de s’exprimer librement. Efficace, la démocratie.
Sur la charrette, ses compagnons pleuraient. Lui riait, ou du moins faisait semblant — car il était acteur jusqu’au bout. Sa formule au bourreau Sanson est restée dans les mémoires comme l’une des plus grandes réparties de l’histoire de France.
☠ Vos choix ☠
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2Maximilien Robespierre
Robespierre, « l’Incorruptible », fut arrêté le 9 Thermidor — dans quel état physique se présenta-t-il à l’échafaud ?
Maximilien Robespierre avait ordonné la mort de milliers de personnes au nom de la Vertu — avec un calme administratif qui effrayait ses contemporains. Avocat d’Arras, propret, poudré, point d’honneur à sa mise, il était surnommé l’« Incorruptible » pour son refus apparent de tout intérêt personnel.
Le coup de Thermidor (27 juillet 1794) le prit par surprise. Lors de son arrestation à l’Hôtel de Ville, quelque chose de peu glorieux se produisit — un incident physique que ses biographes décrivent avec des pudeurs variées et dont l’origine exacte est encore discutée. Blessure ? Tentative de suicide ratée ? Coup de crosse d’un gendarme ?
Ce qui est certain, c’est que l’homme qui avait présidé la Terreur avec une froide élégance se retrouva le lendemain sur la charrette dans un état qui contrastait singulièrement avec son image habituelle — au vif amusement d’une partie de la foule parisienne.
☠ Vos choix ☠
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3Louis Antoine de Saint-Just
Saint-Just, « l’Ange de la Mort », guillotinand à 26 ans — quel surnom lui avait valu son inflexibilité glaciale ?
Louis Antoine de Saint-Just était le plus jeune et le plus beau des membres du Comité de salut public. Il avait 24 ans à peine quand il réclamait des têtes à la tribune de la Convention avec la sereine conviction d’un mathématicien énonçant un théorème. Il avouait volontiers que le bonheur était une idée neuve en Europe — et la façon dont il entendait l’obtenir était assez exigeante pour les vivants.
Rapporteur impitoyable des lois de ventôse, artisan du procès de Danton, il fut aussi l’un des rares à monter à l’échafaud le 28 juillet 1794 en silence absolu — sans un mot, sans une larme, avec cette même froideur qui avait caractérisé toute sa carrière.
Anecdote peu connue : Saint-Just avait écrit dans sa jeunesse un poème érotique licencieux intitulé Organt, rempli de passages que sa postérité révolutionnaire preféra oublier. L’Ange de la Mort avait ses péchés de jeunesse comme tout le monde.
☠ Vos choix ☠
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4Jacques-Louis Hébert
Hébert, rédacteur du journal le plus ordurier de la Révolution, fut guillotinand en mars 1794 — quel était le nom de son célèbre torchon révolutionnaire ?
Jacques-Louis Hébert avait trouvé sa vocation : la presse d’insulte. Fils de bourgeois normand, il était arrivé à Paris sans le sou et s’était recyclé en journaliste révolutionnaire avec un talent réel pour l’outrance. Son journal, publié sous le pseudonyme du Père Duchesne, était rédigé dans un argot vulgaire et truculant, semé de jurons, et diffusé gratuitement dans les armées grâce aux subventions de l’État.
Les Hébertistes, sa faction, poussaient à une radicalisation encore plus violente de la Révolution — déchristianisation active, économie de guerre totale. Ils représentaient l’aile extrême, les « enragés », et Robespierre les trouva finalement trop extrêmes pour lui — ce qui est dire.
Anecdote savoureuse : Hébert, qui avait passé des années à narrer avec verve les exécutions des ennemis du peuple, s’évanouit de terreur sur la charrette. La foule, qui l’avait adoré, le hua avec le même enthousiasme.
☠ Vos choix ☠
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5Pierre Vergniaud
Vergniaud, le plus éloquent des Girondins, fut guillotinand en octobre 1793 — combien de ses collègues Girondins périrent-ils avec lui ce même jour ?
Pierre Vergniaud était l’orateur le plus brillant de son époque — ses contemporains le comparaient à Demosthène et à Cicéron. Avocat bordelais devenu député, il avait voté la mort du roi (avec une réserve tardive, il est vrai), et avait mené le combat contre les Montagnards de Robespierre.
Les Girondins représentaient l’aile modérée des républicains — attachés aux départements contre la concentration du pouvoir à Paris, moins enclins à la Terreur. Ils furent proscrits par le coup de force du 2 juin 1793 et leurs chefs arrêtés.
Ce qui se passa le 31 octobre 1793, jour de leur exécution, fut aussi sinistre que symbolique : une exécution collective, la plus importante par son nombre jusqu’alors. Vergniaud, à ce qu’on dit, entonna la Marseillaise avec ses compagnons pendant le trajet — ironie ultime, puisque c’était leur hymne à eux aussi.
☠ Vos choix ☠
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6Olympe de Gouges
Olympe de Gouges, autrice de la Déclaration des droits de la femme, fut guillotinée en 1793 — quelle était sa position politique qui la condamna ?
Olympe de Gouges n’était pas quelqu’un de facile à classer. Fille illégitime d’un boucher de Montauban (ou peut-être du marquis de Pompignan, selon une rumeur qu’elle entretenait volontiers), montée à Paris, dramaturge, pamphétaire, féministe avant le mot — elle avait rédigé en 1791 sa célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Elle était révolutionnaire — elle avait soutenu la Révolution dès 1789. Mais elle avait aussi des positions qui la rendaient suspecte aux yeux des Montagnards : elle avait proposé un référendum sur la forme du gouvernement après la mort du roi, et avait ouvertement soutenu les Girondins condamnés.
Au moment de son arrestation, elle avait affiché des placards offrant trois options au peuple : la République unitaire, le fédéralisme, ou… la monarchie. Dans l’atmosphère de 1793, c’était signer son arrêt de mort. Elle eut du moins la cohérence de mourir pour ce qu’elle avait écrit.
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7Antoine Barnave
Barnave, l’un des premiers grands orateurs révolutionnaires, fut guillotinand en 1793 — pour quelle raison paradoxale, lui qui avait commencé parmi les Jacobins ?
Antoine Barnave fut l’un des premiers tribuns de la Révolution — brillant avocat dauphinoïs, il avait prononcé des discours incendiaires aux États généraux et à l’Assemblée constituante. Il co-fonda le club des Jacobins avec Robespierre et Lameth en 1789.
Mais il commit ce qui était alors le péché original de la politique révolutionnaire : il évolua. Chargé d’escorter la famille royale après la fuite de Varennes en juin 1791, il rencontra personnellement Louis XVI et Marie-Antoinette dans la voiture du retour — et fut touché par leur humanité.
Il entretint ensuite une correspondance secrète avec la reine pour tenter de sauver la monarchie constitutionnelle. Quand ces lettres furent découvertes dans l’armoire de fer aux Tuileries après le 10 août 1792, son sort était scellé. L’homme qui avait créé les Jacobins fut guillotiné pour avoir voulu sauver le roi.
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8Camille Desmoulins
Desmoulins, l’agitateur du Palais-Royal en 1789, fut guillotinand avec Danton en avril 1794 — qu’avait-il publié qui décida Robespierre à le sacrifier ?
Camille Desmoulins avait été l’un des déclencheurs symboliques de la Révolution : c’est lui qui, le 12 juillet 1789, avait sauté sur une table du Palais-Royal et harangué la foule avec une feuille verte en guise de cocarde, appelant aux armes. La Bastille tomba deux jours après.
Journaliste révolutionnaire passionné, vieux camarade de Robespierre depuis leur scolarité au lycée Louis-le-Grand, il avait soutenu la Terreur — puis commença à douter. Il créa un journal dans lequel il appelait à la clémence et à la fin des exécutions arbitraires — ce qui dans le contexte de la Terreur était un luxe qu’on ne pouvait pas se permettre.
Robespierre, qui l’appelait jadis « mon vieux camarade », présida lui-même la destruction des numéros du journal à la Convention. Sa femme Lucile, qui tenta de le sauver, fut guillotinée quelques jours après lui. La Révolution n’était pas sentimentale.
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9Georges Couthon
Couthon, membre du grand Comité avec Robespierre, fut guillotinand le même jour que lui — quelle particularité physique rendait son arrestation à l’Hôtel de Ville particulièrement sinistre ?
Georges Couthon était l’un des trois membres du triumvirat qui gouverna la France pendant la Terreur avec Robespierre et Saint-Just. Avocat auvergnat, ancien philanthrope connu pour sa douceur, il était devenu l’un des artisans les plus actifs de la répression — c’est lui qui présida les opérations à Lyon après l’écrasement de l’insurrection fédéraliste.
Lyon fut épurée avec une violence telle que le nom de la ville fut même officiellement supprimé — rebaptisée « Ville-Affranchie ». Couthon supervisa les exécutions massives, y compris par mitraillades quand la guillotine était trop lente.
La particularité de Couthon était connue de tous ses contemporains, et sa présence sur la charrette le 28 juillet 1794 frappa les spectateurs par son caractère à la fois pathétique et terrible — un homme qui avait signé tant de morts dans un état qu’il n’avait pas choisi.
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10Question rare : Anacharsis Cloots
Anacharsis Cloots, le plus cosmopolite des révolutionnaires, fut guillotinand avec les Hébertistes — de quelle nationalité était cet « orateur du genre humain » ?
Jean-Baptiste du Val-de-Grâce, baron de Cloots, dit Anacharsis Cloots, est l’un des personnages les plus savoureux de toute la période révolutionnaire — et l’un des plus méconnus. Il s’était lui-même auto-proclamé « orateur du genre humain » et avait déposé sa noblesse sur l’autel de la patrie avec un enthousiasme qui frisait la parodie.
Il était apparu à la barre de l’Assemblée nationale le 19 juin 1790 accompagné d’une délégation de « représentants de tous les peuples de la Terre » (en réalité des gens qu’il avait recrutés dans les rues de Paris) pour saluer la Révolution française au nom de l’humanité entière.
Il obèsédait aussi pour l’idée de supprimer Dieu — était l’un des plus fervents déchristianisateurs, ce qui l’associa aux Hébertistes. Robespierre, qui croyait en l’Être Suprême, le détestait. Quand les Hébertistes tombèrent, Cloots tomba avec eux — après avoir renoncé à son titre de noblesse mais pas, hélas, à sa tête.
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11Jean-Sylvain Bailly
Bailly, premier maire de Paris et astronome renommé, fut guillotinand en novembre 1793 — pour quel événement spécifique à son bilan de maire fut-il surtout condamné ?
Jean-Sylvain Bailly avait deux vies avant la Révolution : astronome de premier plan, membre de l’Académie des sciences, auteur d’une monumentale Histoire de l’astronomie, il était aussi fréquentait les salons des Lumières. En 1789, il présida la première séance des États généraux et devint le premier président de l’Assemblée nationale.
Elu premier maire de Paris, il dut gérer une ville en ébullition permanente. Un événement précis en juillet 1791 associa son nom à un massacre — le sang coulé en plein Paris sur un châmp de Mars devint le symbole de la trahison des élites révolutionnaires modérées.
Au moment de son exécution, par un froid de novembre, la foule hurla et le bourreau prit son temps. Une voix cria « Tu trembles, Bailly ! » Il répondit, avec une dignité remarquable : « Oui, mais c’est de froid. » Dernier mot d’un homme de science.
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12Question piège : l’inventeur de la guillotine
La guillotine fut popularisée sous ce nom par Joseph-Ignace Guillotin — mais Guillotin fut-il lui-même guillotinand ?
Joseph-Ignace Guillotin est l’un des grands mal-aimés de l’histoire. Médecin philanthrope et député à la Constituante, il avait proposé en 1789 que toutes les exécutions capitales soient effectuées par le même moyen mécanique — par égalité, car avant la Révolution, seuls les nobles avaient droit à la décapitation rapide, les roturiers étant pendus ou roués.
Il n’inventa pas lui-même la machine — c’est le chirurgien Antoine Louis qui en dessina les plans, avec l’aide d’un facteur de clavecin allemand nommé Tobias Schmidt. La machine s’appela d’abord « Louisette » ou « Louison » avant que le surnom populaire ne s’impose.
Guillotin fut arrêté pendant la Terreur et faillit y rester — mais Thermidor le sauva. Il mourut dans son lit en 1814, à 75 ans. Sa famille, humiliée par l’association de nom, demanda officiellement que la machine change de nom. Sur refus du gouvernement, elle changea elle-même de nom de famille.
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13Philippe Égalité
Philippe d’Orléans, cousin du roi et révolutionnaire fervent, vota la mort de Louis XVI — combien de temps après Louis XVI fut-il guillotinand à son tour ?
Louis-Philippe-Joseph d’Orléans, duc d’Orléans, prince du sang royal, avait fait d’une chose sa marque de fabrique : financer et soutenir l’opposition à Louis XVI depuis ses débuts. Les jardins du Palais-Royal, qu’il possédait, étaient devenus le club révolutionnaire à ciel ouvert de Paris — c’est là que Camille Desmoulins avait harangué la foule en juillet 1789.
Il avait renommé « Philippe Égalité » et voté sans hésiter la mort de son cousin le roi — geste qui partagea profondément l’opinion, y compris parmi les révolutionnaires. Certains le méprisaient pour cette trahison de caste ; d’autres lui faisaient confiance encore moins pour l’avoir commise.
Quand son fils (le futur Louis-Philippe, roi des Français) passa à l’ennemi en suivant Dumouriez en avril 1793, le sort du père fut scellé. L’homme qui avait voté la mort de son cousin fut arrêté, jugé, et reconnut sa condamnation avec une dignité qui surprit ses contemporains — demandant simplement à bien dîner avant de monter à l’échafaud.
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14Jacques Roux — Question rare
Jacques Roux, le « curé rouge », échappa à la guillotine mais mourut quand même — de quelle façon, avant son exécution programmée ?
Jacques Roux est l’un des personnages les plus radicaux et les plus oubliés de la Révolution. Prêtre qui avait officiellement abdiqué son sacerdoce, il était devenu le chef des « Enragés » — une faction encore plus à gauche que les Hébertistes, réclamant le contrôle des prix, la punition des accapareurs et un communisme primitif avant la lettre.
Il avait accompagné Louis XVI à l’échafaud en tant que prêtre constitutionnel — puis avait demandé au roi de déclarer que son sang satisferait la nation. La formule était d’un assez mauvais goût.
Marat le détestait, Robespierre le méprisait, Hébert l’accéda à ses positions. Arrêté, emprisonné, il attendait son procès devant le Tribunal révolutionnaire — quand il prit les devants de la manière la plus dramatique possible.
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15Question finale : le record
Combien de personnes la guillotine exécuta-t-elle à Paris en un seul jour — le record absolu de la Grande Terreur, en juin 1794 ?
La Grande Terreur, qui s’étend de juin au 9 Thermidor (27 juillet 1794), constitua le paroxysme du système. La loi du 22 prairial, rédigée par Couthon, simplifia les procédures au point de les rendre fictives : plus d’avocat, plus de témoins, le Tribunal ne pouvait prononcer que deux verdicts — l’acquittement ou la mort.
Le bourreau Henri Sanson, fils du grand Sanson qui avait décapité Louis XVI, vit sa tâche se transformer en travail à la chaîne. Il se plaignit par écrit que ses lames s’émoussaient trop vite et que ses chevaux, épuisés de transporter les cadavres au cimetière, tombaient malades. La révolution industrielle avant l’heure, en quelque sorte.
Le lieu d’exécution avait dû être déplacé de la place de la Révolution (actuelle Concorde) vers la place du Trône Renversé (actuelle Nation) à cause des plaintes des riverains pour l’odeur du sang. Paris restait une ville avec des exigences de confort, même en Terreur.
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Système de score
De l’Innocent de province à l’Historien de la Terreur — quinze paliers vous attendent.
